Makdessi se prépare pour Watson

« La pire chose au monde est de gâcher son talent. Il y a tant de bons combattants dans le monde qui n’arriveront jamais à percer, pour une raison ou une autre. Même si tu as du talent, tu as besoin d’avoir autour de toi les bonnes personnes afin de te pousser à te surpasser. » - John Makdessi
À chaque début de combat, on dit souvent que le meilleur frappeur a l’avantage initial. Et il n’y a certainement pas meilleur frappeur que le jeune et invaincu Canadien, John “The Bull” Makdessi. Véritable prodige du combat debout, cet ancien champion de kickboxing USKBA est demeuré invaincu en quelque 22 combats dans cette discipline.

Le jeune Néo-Écossais n’en était cependant pas à ses premiers exploits en sport de combat. Initié aux arts martiaux dès l’âge de 6 ans seulement avec la pratique du taekwondo, il a remporté - au cours de son parcours dans ce sport - les championnats canadiens, puis l’or aux Olympiques junior. Dès son plus jeune âge, cet amateur de sport “full-contact” savait déjà que - n’en déplaise à ses parents - c’est dans les sports de combat qu’il ferait un jour carrière.

À l’âge de 17 ans, il a fait la transition vers le karaté shotokan, puis le kickboxing. Se sont ensuite succédés les honneurs. Il est devenu champion WKA, puis a remporté le championnat de l’est du Canada en 2006 pour ensuite devenir champion du monde USKBA. Mais le kickboxing n’offrait déjà plus alors les mêmes possibilités de carrière au nord de la frontière canado-américaine qu’il n’en offrait lors de la belle époque de Jean-Yves Thériault. Quatre ans plus tard, un concours de circonstances amène donc l’athlète, qui s’orientait alors vers une carrière de K-1, à débuter en MMA. Au total, il lui aura fallu moins de trois ans afin de livrer sept combats et conserver une fiche parfaite en disposant de six de ses adversaires par mise hors de combat, pour ensuite effectuer ses débuts à l’UFC face à Pat Audinwood en ouverture de rideau de l’UFC 124 et sortir de l’octogone sous les cris d’une foule en délire, une ovation habituellement réservée à un combat principal plutôt qu’à un combat préliminaire.

Lors de ce combat, Makdessi avait, pour son huitième gain consécutif, dominé un adversaire beaucoup plus gros que lui. “The Bull” s’était porté à l’attaque avec une variété de coups de pied et de poing qui avaient laissé Audinwood sur ses gardes et l’avait obligé à battre en retraite pendant la majeure partie du combat. Mais malgré la victoire et une forte impression laissée aux spectateurs, ce n’était pas la performance que l’humble et critique Makdessi entendait livrer. “La chose la plus importante pour moi, lorsque j’affronte un grand adversaire, est de lui couper les jambes. Il s’agit du même concept que couper un arbre : tu ne commences pas par le sommet, tu commences par le pied. Cela a toujours fonctionné pour moi. J’ai essayé de m’engager avec lui pour finir le travail, mais il était plus fort et plus gros et reculait sans cesse, ce qui a rendu les choses difficiles. Ça demeure toutefois une bénédiction de s’en sortir vainqueur. Pour un combattant, une victoire est une victoire », a commenté le Canadien.

Une semaine à peine précédant son vingt-sixième anniversaire de naissance, qui marquera aussi pour l’athlète 20 longues années de pratique assidue des arts martiaux, “The Bull” pourra démontrer ses talents devant une foule de 55 000 spectateurs en tant que favori local au Rogers Centre de Toronto lors de l’événement UFC 129. L’adversaire de Makdessi, qui se fera sans aucun doute huer le 30 avril simplement pour entrer dans la cage en compagnie de l’athlète originaire de la Nouvelle-Écosse, n’est nul autre que le semi-finaliste de The Ultimate Fighter 12, Kyle Watson, qui s’était entraîné sous les ordres de son comparse du Tristar Gym, Georges St-Pierre, lors de l’édition précédente de la populaire émission de téléréalité.

« Kyle Watson est un excellent adversaire. Il va tenter de tester mes habiletés en jiu-jitsu. Il testera aussi ma défensive et ma rapidité à réagir au sol. Il est un cogneur décent, et un lutteur décent. Il s’entraîne au centre d’entraînement de Matt Hughes, donc je m’attends à un rude combat », mentionne Makdessi, qui est pour sa part réputé pour avoir une variété de coups de pieds dévastateurs dans son livre de jeu : coups de pied bas, coups de pied élevés, coups de pied circulaires, coups de pied crochetés, coups de pied balancés, coups de pied retombants et coups de pied "remplissez le vide ici par n’importe quoi". « J’ai fracturé des os et mis des gars hors de combat avec ces coups de pied. J’ai disposé d’adversaire avec mes coups de pied crochetés, j’ai brisé quelques bras en kickboxing avec des coups de pied de côté, en les touchant avec mon talon. Si mes frappes peuvent sembler à priori fantaisistes, elles demeurent particulièrement efficaces lorsqu’on prend le temps d’exécuter parfaitement la technique. » Chaque fois, la puissance avec laquelle il balaie la jambe fend le vent d’un sifflement sonore, la plupart du temps suivi d’un claquement, signe qu’il touche la cible. Malgré sa réputation qui le précède, Makdessi ne craint en rien que les secrets de sa stratégie et de ses coups de pied ne soient percés.

« Ce n’est pas un secret que chaque combattant a sa propre spécialité, mais cela ne veut aucunement dire qu’en voulant contrer mon plan de match en m’amenant au sol par exemple, mon adversaire sera capable de le faire. Depuis mon premier combat, la plupart des gens s’attendent à ce que je veuille garder le combat debout et que je lance des coups de pied, donc ce n’est rien de nouveau pour moi. Mon jiu-jitsu brésilien et ma lutte sont deux aspects sur lesquels je travaille continuellement. Si certains pensent que je suis unidimensionnel, ils ont tout faux. », a-t-il par ailleurs déjà affirmé avant son combat contre Audinwood.

Et il abonde toujours dans le même sens. « J’ai toujours voulu que mes adversaires s’inquiètent de ce que j’allais leur faire subir par la suite », soutient Makdessi, qui s’entraîne avec ferveur dans tous les aspects du sport afin de devenir plus polyvalent, ce qui implique pour lui de s’aventurer sur le "territoire" étranger du combat au sol. « J’ai passé plus de temps à me mettre dans des situations difficiles afin de travailler sur mes faiblesses : ma lutte et mon jiu-jitsu brésilien. Ce n’est rien qui soit si excitant pour moi, mais ce sont des sports que je respecte et que je dois apprendre. À mes yeux, il ne s’agit pas de sports de combat à proprement dit. Je suis un combattant et j’aime frapper.”

Et cette fois-ci, malgré sa préférence marquée pour l’explosivité du combat en position debout, “The Bull” a encore fait ses devoirs. Watson est une ceinture brune de jiu-jitsu brésilien qui détient dix victoires par soumission en plus d’être l’instructeur en chef de jiu-jitsu au H.I.T. Squad de Granite City, dans l’Illinois. Makdessi de son côté, se prépare auprès d’un clan tout aussi réputé - sous les ordres de l’énigmatique philosophe du combat, Firas Zahabi. Lorsque “The Bull” fera son entrée sous les hurlements de la foule le 30 avril à l’UFC 129, il représentera le Tristar Gym. Mais l’entraînement de Makdessi aura été bien au-delà du traditionnel entraînement au Tristar puisqu’il a bénéficié de l’apport de différents entraîneurs tel que Phil Nurse, John Danaher, le redoutable entraîneur de conditionnement physique Jonathan Chaimberg, l’équipe nationale canadienne de lutte ainsi que plusieurs autres, dont Peter Sisomphou, aussi surnommé "Crazy Peter", qui le talonne pour son muay thaï depuis plusieurs années. Il s’agit d’une liste d’entraîneurs quasi identique à celle de l’actuel champion des poids mi-moyens de l’UFC - qui est aussi son coéquipier - Georges St-Pierre. Et lors de chaque séance, ils font visiter l’Enfer à Makdessi afin qu’il devienne le meilleur combattant qu’il puisse devenir.

« La pire chose au monde est de gâcher son talent. Il y a tant de bons combattants dans le monde qui n’arriveront jamais à percer, pour une raison ou une autre. Même si tu as du talent, tu as besoin d’avoir autour de toi les bonnes personnes afin de te pousser à te surpasser. Les gens croient à tort que nous les combattants, menons une belle vie, mais nous menons en réalité une vie de misère. Tu encaisses quotidiennement de sévères punitions à l’entraînement. Chaque jour, tu te réveilles avec les douleurs conséquentes à ton entraînement de la veille, puis sans égard à cela, tu dois retourner te tuer à l’entraînement. Tu te blesses constamment, tu dois couper 20 livres, donc tu dois suivre de sévères diètes, et ce tout en continuant de t’entraîner aussi durement lorsque tu dois affronter quelqu’un dans les semaines qui suivent. À la fin de chaque journée, tu te demandes comment tu as fait pour passer à travers et tu te demandes s’il y a réellement du plaisir à tirer de tout ça. Tu dois prendre ça sérieusement. Certains croient que c’est une partie de plaisir et que ça demeure un jeu, mais ce ne l’est pas. Il faut être extrêmement sérieux pour devenir un bon combattant et ça peut prendre plusieurs années. »

Quant à l’opportunité de combattre devant sa foule lors du plus imposant événement d’arts martiaux mixtes de l’histoire face à un as du sol, cela ne constitue en rien une pression additionnelle pour Makdessi. « Je n’ai jamais eu de combat facile, donc je m’entraîne toujours en fonction du pire qui puisse m’attendre. Mon entraînement laisse toujours mon corps meurtri. Je m’attends chaque fois à une guerre. Et puis, me battre à Toronto sur mon terrain, je crois que ce sera à mon avantage. »

Lorsque s’allumeront les projecteurs le 30 avril, et que “The Bull” défilera sur la passerelle d’entrée avant de s’engouffrer dans la fosse aux lions tel un gladiateur des temps modernes, il n’aura que deux envies : sortir de la cage victorieux, la tête haute et ravir ses partisans qui auront envers lui de grandes attentes – celles de livrer un combat à la hauteur de l’impressionnant préambule qu’il avait offert à Montréal en décembre dernier. « J’aime penser que je suis un champion du peuple, et que je me bats pour ces gens-là. Ils me soutiennent et me rendent plus fort. Je crois que l’atmosphère sera totalement déjantée. Ce sera époustouflant comme ambiance et je suis impatient d’y être. »

L’entraînement, le sacrifice et le dévouement, c’est la mentalité qui a attisé le feu de Makdessi lorsqu’il a débuté dans les arts martiaux il y a de cela 20 ans. C’est cette mentalité qui lui a valu une ceinture noire en shotokan en trois ans à peine. C’est aussi cette mentalité de fonceur qui a fait de lui un athlète invaincu en kickboxing et qui lui a valu son surnom. Et c’est cette mentalité qui guidera “The Bull” à l’extérieur du couloir pour ensuite défiler sur la passerelle d’entrée avant d’entrer dans l’Octogone pour y affronter Kyle Watson devant la foule en délire massée dans le stade à l’UFC 129. Lorsque la porte de la cage se refermera derrière lui, et que les gladiateurs se feront face debout sur leurs pieds, ce sera cette même mentalité qui guidera les frappes de Makdessi pour l’obtention d’un KO.

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