Ivan Menjivar - Le premier adversaire de GSP de retour à l'UFC

“[À cette époque] Les gars étaient davantage préparés afin de livrer une guerre”, a expliqué Menjivar. “De nos jours, nous sommes plus intelligents, posés et professionnels dans notre approche et nous nous préparons en vue de nos combats. Les deux athlètes veulent gagner et personne ne veut prendre trop de risque en se compromettant.” - Ivan Menjivar
Si un jour vous avez l’opportunité de discuter avec Ivan Menjivar au sujet de combat, jamais vous ne l’entendrez parler de championnats du monde, d’apparitions télévisées ou de figurines à son effigie. S’il avait plutôt un seul souhait à formuler, ce vétéran qui pratique les arts martiaux mixtes depuis plus de dix longues années aurait une simple et unique requête.

“Vous savez ce que j’aimerais voir de nouveau?”, questionne Menjivar avant de poursuivre et répondre aussitôt, “Voir un athlète pouvoir se battre trois fois au cours de la même soirée. Si quelqu’un me demandait de le faire, j’accepterais.”

Et il rit, sachant pertinemment que les mots qui sont sortis de sa bouche font en réalité référence à quelque chose qui serait impossible de nos jours. Or, l’athlète semble tout de même fébrile à la simple pensée de pouvoir assister de nouveau à un de ces tournois se déroulant au cours d’une soirée, un tournoi comme il était si commun de voir lors des balbutiements de l’UFC, il y a déjà de cela plus d’une décennie.

“Tu sais, ton premier adversaire…”, spécule le jeune homme. “Si tu gagnes, tu dois te ressaisir rapidement et te préparer immédiatement à affronter le second, puis le troisième pour la finale. C’est fou! Après ça, tu peux dire que ce gars-là a été le combattant de la soirée. Après ça, tu peux affirmer avoir vu un véritable artiste martial.”

C’est une mentalité typique de la vieille école dans sa forme la plus puriste, et il n’y a plus vieux jeu que Menjivar, un athlète de 28 ans évoluant chez les poids coq, dont l’impressionnante liste de partenaires de danse au cours de la dernière décennie inclut des noms tels que le poids plume, Urijah Faber, le poids léger à l'époque, Matt Serra, Caol Uno, Joe Lauzon, Bart Palaszewski et un plus que légitime poids mi-moyen nommé... Georges St-Pierre.

Il s’agit d’un fait ahurissant qui à lui seul, en vaut sa mention. Menjivar, qui possédait une fiche de 4-0 à l’époque, avait eu la lourde tâche de souhaiter la bienvenue à un nouveau venu nommé St-Pierre en 2002. L’athlète originaire de La Paz au El Salvador a portant tendance à minimiser l’impact que peut avoir eu sa première défaite en carrière par mise hors de combat au premier engagement (un revers controversé attribuable à une mauvaise décision de l’arbitre) sur la celle de son homologue surnommé "Rush", préférant plutôt remettre en perspective que des suites de cet affrontement, est née une longue histoire d’amitié entre les deux comparses qui sont devenus partenaires d’entraînement, puis proches amis.

“Georges n’était encore qu’un débutant à cette époque, tout comme je l’étais d’ailleurs, donc s'affronter s’inscrivait dans la logique”, a souligné Menjivar. “Nous vivions dans la même ville, alors il était normal d’être opposés un à l’autre. Après le combat, nous avons commencé à nous entraîner ensemble et nous nous sommes rapprochés, puis sommes devenus bons amis. Je suis heureux pour lui – il est devenu une méga-vedette si populaire et c’est bien.”

Le parcours de Menjivar a été quelque peu différent. Affrontant des adversaires naturellement plus imposants que lui sur des bases régulières, il n’a jamais tourné le dos à un défi, même lorsque tous les pronostics étaient en sa défaveur. C’était le prix à payer à l’époque où la WEC ne jouissait pas encore du rang et statut auquel elle s’est élevée et que l’UFC préférait s’en tenir minimalement aux 155 livres. Menjivar s’est toutefois battu une fois dans l’Octogone, lors de l’événement UFC 48 en juin 2004, subissant le revers par décision au terme de trois rounds disputés à celui qui allait éventuellement devenir le champion des poids mi-moyens quelques années plus tard, Matt Serra. Alors que ses victoires sur Lauzon et Hideo Tokoro ont permis à son nom de continuer de briller aux yeux des partisans d’arts martiaux mixtes, suite à ses deux revers consécutifs aux mains de Uno et Palasewski en 2006, Menjivar était prêt à se retirer afin de guérir ses blessures et considérer entamer le prochain chapitre de sa vie. Il n’a aucun regret quant à l’attitude “n’importe qui, n’importe quand” qu’il a déjà adoptée dans sa carrière, mais il réalise que les choses sont maintenant différentes.

“Premièrement, je suis un artiste martial, donc ce que je fais, je le fais avant tout pour moi-même”, a-t-il expliqué. “Les arts martiaux sont faits pour nous défendre et pour prouver que nous avons de bonnes techniques. En second lieu, venait influer l’aspect du défi – les gars étaient un peu plus gros que moi, alors je prenais une chance et je me disais 'Allons, faisons-le!’. Ma vision a changé, notamment parce que le sport a grandi et a aussi changé. Les choses ne sont plus comme elles l’étaient autrefois. Au début, il y a de cela une décennie, tout le monde pouvait affronter n’importe qui. Nous pouvons maintenant constater la différence – nous sommes désormais des professionnels et nous devons étudier nos adversaires avant d’accepter de participer à un affrontement. Je voudrais bien affronter n’importe qui, mais nous sommes maintenant des athlètes professionnels, au même titre que les pilotes de Formule-1. Si ces derniers doivent étudier leur voiture et les manies des autres pilotes avant de s’aventurer sur la piste, il s’agit de la même chose pour nous et c’est maintenant ce que je fais.”

Vers 2010, l’athlète de 28 ans qui réside toujours à Montréal a pris la décision de faire un dernier tour de piste dans le merveilleux monde des arts martiaux mixtes et il a obtenu lors de son retour, une victoire par soumission au premier round sur Aaron Miller en juin dernier. Puis est venu l’appel de la WEC pour un affrontement au cours duquel il a subi le revers face à Brad Pickett en décembre, non sans avoir livré un combat captivant et serré s’étant soldé à la décision des juges. C’était un nouvel Ivan Menjivar dans un tout nouvel univers de combat. Mais est-ce que la belle époque lui manque?

“[À cette époque] Les gars étaient davantage préparés afin de livrer une guerre”, a expliqué Menjivar. “De nos jours, nous sommes plus intelligents, posés et professionnels dans notre approche et nous nous préparons en vue de nos combats. Les deux athlètes veulent gagner et personne ne veut prendre trop de risque en se compromettant.”

Jouer de prudence ne sera jamais quelque chose dont on pourra accuser Menjivar, et il en va de même de l’adversaire qu’il affrontera samedi soir lors de l’UFC 129 - le vétéran Charlie Valencia. Pour les mordus de combat, cet affrontement pourrait fort bien voler la vedette au cours de la soirée, et du plus loin que ça concerne Menjivar, il ne s’agit de rien de moins que l’ultime but qu’il désirera atteindre à chaque instant de cet affrontement.

“J’ai pris un moment de recul pendant trois ans, et au cours de ces trois années, le visage du sport a complètement changé”, a-t-il avoué. “Je veux simplement prouver qui je suis dans ce sport. Nous devons faire plaisir à la foule et j’ai besoin de me prouver de façon à ce que les gens puissent par la suite se souvenir de moi. Il s’agit de mon but pour ce combat. Le sport est ma seconde passion, la première étant ma famille. Après ma blessure, je me suis mis à penser que lors de chaque affrontement, je devrai donner mon cent pour cent, car chaque fois, ce pourrait bien être le dernier combat que je vais livrer.”

Peu importe qu’il combatte devant 500 personnes ou 55 000 comme il le fera samedi soir, c’est du pareil au même pour Menjivar; il laissera son cœur dans la cage lors de sa quête de victoire.

“Je ne pense pas à tous ces gens”, a affirmé Menjivar. “En toute honnêteté, je dois dire que j’apprécie qu’ils soient là et je suis heureux de combattre avec tous ces gens autour de moi. Mais en ce moment, en tant qu’athlète, je ne fais que penser au combat. Après le combat par contre, si je pouvais saluer chaque personne et faire une accolade à chacune d’entre elles, je serais pleinement heureux.”

Une accolade pour chaque spectateur du Rogers Centre? Voilà ce qui pourrait lui demander un certain temps, mais ça convient à Ivan Menjivar.

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