Ortiz a Toujours la Fierté d'un Champion

"J’espère que Bader me prend pour un tremplin, j'espère qu'il me sous-estime. Il pensait ainsi quand il m'a défié, et il va avoir des surprises si c'est ce qu'il pense encore.." - Tito Ortiz
Pendant un moment dans l'histoire de MMA, Tito Ortiz était invincible. Avant que Forrest Griffin et Stephan Bonnar ouvrent la porte pour l'explosion du MMA en 2005, c'était le “Huntington Beach Bad Boy” (Méchant Garçon de Huntington Beach) qui régnait sur l'UFC, il est devenu la première superstar de l'organisation grâce à des victoires contre des adversaires tels que  Wanderlei SilvaEvan TannerKen ShamrockVladimir Matyushenko, et Yuki Kondo.


Et il le savait.

« Avant d'affronter
(Randy) Couture et de perdre (en 2003), je me croyais invincible, » explique Ortiz. « Je croyais que j'allais balayer Couture et j'aurai dû lui montrer beaucoup plus de respect. Mais il m'a dominé avec la lutte et il m'a battu pour ma ceinture. »

C'était un premier retour à la réalité pour Ortiz dans le monde sévère du combat. Ses défaites en début de carrière contre 
Guy Mezger et Frank Shamrock pourrait être à cause d'un manque d'expérience et des problèmes de cardio, il a rapidement réglé ses deux problèmes et a amassé une série de six victoires consécutives après sa défaite contre Shamrock en 1999. À cette époque, le nom Ortiz était synonyme de MMA aux États Unis, et c'était une aventure de folie pour quelqu'un qui n'a pas eu de cadeaux sur son chemin vers les hauteurs du sport.

« Je me souviens que j'étais un jeune gamin qui ne savait pas trop à quoi s'attendre et je m'entraînais le plus dur possible, » il dit. « Mais je me suis fixé un objectif, et on me
levait la main après chaque combat. J'étais un gamin qui s'est fait jeter directement dans l'UFC sans le moindre combat en amateur. Mon premier combat à l'UFC était mon tout premier combat, et je combats à l'UFC depuis (à l'exception d'une victoire en 1998 contre Jeremy Screeton dans une autre organisation). Au début, je croyais que j'allais faire quelques combats et puis je retournerais à mon travail d'entraîneur de lutte et je deviendrais prof de lycée. Mais je suppose que les adversaires que j'ai affronté m'ont aidé à trouver le meilleur en moi et à devenir un des plus grands champions de l'histoire de l'UFC. »


À ce jour, il détient encore le record pour le règne de champion le plus long à 205 lb/93 kg, mais après le combat contre Couture, il était perdu, ne sachant pas ce qui allait se passer suite à la défaite inattendue contre le futur membre du Hall of Fame.

« C'était dur à avaler, j'avais défendu ma ceinture cinq fois de suite et j'avais détenu mon titre pendant presque quatre ans, et puis je me suis retrouvé en bas de l'échelle. » explique Ortiz. « Ça m'a brisé le cœur, surtout car je n'avais pas de plan B – mes parents ne sont pas riches, je n'avais personne qui pouvait me soutenir. Il y a moi et moi seul. Lorsque j'ai perdu le titre, je croyais ne plus avoir d'avenir. Mais j'ai relevé mes
manches et j'ai continué à combattre. »

Suite à une défaite par TKO face à 
Chuck Liddell, lors de son prochain combat, Ortiz a construit une série de cinq victoires consécutives, avec deux victoires contre Ken Shamrock ainsi que Patrick CoteVitor Belfort, et Forrest Griffin. Le mauvais garçon était de retour, mais suite à une défaite face à Liddell à l'UFC 66 en 2006 lors d'un combat revanche, il s'est retrouvé dans une mauvaise période. Il n'a pas gagné le moindre de ces cinq derniers combats : quatre défaites et un match nul. Il n'a perdu que contre des combattants du plus haut niveau comme Liddell, Griffin, Lyoto Machida et Matt Hamill, et un match nul contre Rashad Evans, et il a aussi souffert de plusieurs blessures et d'interventions chirurgicales. Mais dans les yeux de beaucoup de fans, à 36 ans, ses meilleurs jours sont derrière lui, et il ne sert plus que de tremplin pour son adversaire ce samedi, à Las VegasRyan Bader.

« Est ce l'heure de dire au revoir ? » il demande. « Voyons déjà si je gagne. Peut-être que je suis fini, peut-être que je devrais raccrocher les gants. »

Lorsqu'on entend Ortiz parler comme ça, c'est comme s'il parlait au monde, surtout ceux qui doute de lui. Il sait que plus de 14 ans dans le monde du combat et toutes les blessures qu'il a
subit lui ont laissées des séquelles. Il est au courant que les deux autres combattants qui ont régné avec lui sur la catégorie (Liddell et Couture) ont déjà pris leur retraite, et il est conscient du fait que Bader est un jeune lion qui a faim et qui veut faire de lui une victime de haut profil de plus dans sa répertoire.

Et tout ça c'est bien, mais n'oubliez pas que pour des combattants comme Ortiz ce n'est pas le punch qui part en dernier, mais la fierté. Et celui qui régnait sur la catégorie de 
205 lb/93kg ne va pas s'allonger et laisser Bader lui marcher dessus. S'il lui reste quelque chose dans le ventre, il va le ramener dans l'Octogone ce samedi soir.

« Je suis en forme, mes interventions se sont passées parfaitement, sans le moindre soucis, je peux lutter de nouveau et faire ce que je n'ai pas pu faire avant, et cela me donne confiance. » il dit. C'est le genre de réponse qu'on pourrait attendre d'un combattant avant un combat. Mais quand on demande à Ortiz s'il croit à le
vieil adage selon lequel « tout grand combattant a toujours un grand combat dans le ventre », c'est là qu'il se réveille.

« Je l’espère, » il répond avec une sourire. « Je m'entraîne pour. Je mets du temps et du travail, je travaille beaucoup sur ma boxe et la défense contre les mises au sol. Contre Hamill, je n'ai pas assuré car je voulais juste lui frapper au visage, et je ne vais pas refaire les mêmes erreurs. J’espère que Bader me prend pour un tremplin, j'espère
qu'il me sous-estime. Il pensait ainsi quand il m'a défié, et il va avoir des surprises si c'est ce qu'il pense encore. Cela va être un combat difficile pour lui. Lorsque j'arrive dans l'Octogone, je vais lui envoyer des coups et bloquer ses mises au sol. Coups de poings, coups de coudes et tout ce que je peux faire, je vais lui faire le plus mal possible le plus vite possible, je vais tout envoyer et je ne vais rien retenir. »

Il va sans doute assurer ses propos, parce qu'on l'a touché dans sa fierté. Personne ne lui a donné le bénéfice du doute au sujet de ses blessures ou ses capacités de continuer à combattre à haut niveau. On l'a mis à l'écart comme quelqu'un qui est resté dans le jeu trop longtemps.

« Je crois que les gens ont oublié car j'ai lutté contre pas mal de blessures, mais j'ai quand même combattu à haut niveau. » explique Ortiz. Il aimerait avoir quelques combats pour 'se refaire' suite à ses blessures, mais il sait qu'au niveau de l'UFC, cela n'existe pas. Si on a eu la chance d'arriver à ce niveau, on a aussi le malheur de ne plus avoir de combat facile. Il y a la possibilité d'avoir une vraie guerre tous les soirs, mais c'est pour cela qu'il a signé le contrat. 

Mais il y a une nouvelle génération de combattant qui émerge, et Ortiz doit faire face à cette réalité. Et même si c'est lui qui a inventé le style dont beaucoup des jeunes combattants se servent aujourd'hui, il est convaincu qu'il a toujours quelque chose qui manque chez eux.

« C'est une question de cœur, » il dit. « Ils connaissent plus que moi ? Pas beaucoup je crois. Je suis dans le monde du combat depuis très, très longtemps et c'est un peu comme si je me regardais dans un miroir. Ils sont un peu plus jeune, mais est-ce qu'ils ont le même niveau technique que moi ou la même mentalité ? Est ce qu'ils ont l'habitude des grands combats comme moi ? Je ne sais pas, mais je vais pousser le rythme (contre Bader) et tester ses limites. »

Ce samedi soir, Tito Ortiz va monter dans un Octogone qu'il l'a aidé à se construire, et si cela doit être sa dernière sortie, il va s'assurer que Ryan Bader se souvienne qu'il a été dans une bagarre. Et ne le considère pas encore pour mort, car il a encore beaucoup de motivation de s'emparer de la victoire et de ressusciter sa carrière.

« Mes garçons sont la première raison que je me lève et je m'entraîne et je fais ce que je fais, » dit Ortiz en parlant de ses trois fils Jacob, Jesse et Journey. « Je veux m'assurer qu'ils auront un avenir et qu'il n'ont pas à s’inquiéter financièrement. J'ai eu des difficultés lorsque j'étais gamin, et je ne veux pas que mes enfants s'inquiète pour ça. Je veux choisir les conditions pour ma départ et je veux être sûr que le jour où je raccrocherai, que je serai content et fier, et je veux que mes gosses savent que leur père a tout donné. Il a fait le plus qu'il a pu et qu'il a été l'un des meilleurs champions de l'UFC au poids mi-lourd. »

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