Rory MacDonald – “The Waterboy” a bien grandi

“Je n’aurai qu’une chose en tête pendant tout ce temps et ce sera de regarder de l’autre côté de la cage où se trouve Diaz et le battre, rien d’autre.” - Rory MacDonald
Sept secondes. Alors à l’avance à la carte de pointage de deux des trois juges lors de son affrontement face à Carlos Condit qui avait lieu lors de l’UFC 115 en juin dernier, c’est tout ce dont Rory MacDonald aurait eu besoin afin de quitter la cage avec en main, la plus importance victoire de sa carrière sur un ancien champion de la WEC.

Mais l’arbitre Kevin Dornan, s’est précipité afin de séparer Condit de l’athlète qui allait bientôt avoir 21 ans, après une kyrielle de coups, transformant ainsi une surprenante victoire en devenir en une écrasante défaite. Sept secondes à faire au troisième et dernier round, et même l’incroyable quantité de témoignages de respect de la part de son adversaire, des médias et des partisans, en plus d’un généreux chèque de bonus pour avoir participé au combat de la soirée, n’ont pu mettre un baume sur sa blessure morale.

Encore aujourd’hui, alors que près d’un an s’est écoulé depuis l’affrontement, il se remémore le passé et qualifie ce combat de “période sombre”. Mais il y a une chose qu’il ne ferait pas; se chercher des excuses ou espérer que Dornan lui ait patiemment laissé ces sept précieuses secondes.

“Absolument pas”, affirme MacDonald. “Je ne pense pas à cela. Carlos a fait du bon travail lors du dernier engagement et il m’a infligé beaucoup de dommages, davantage que je ne lui en ai fait subir pendant toute la durée du combat. Il méritait donc pleinement la victoire. Je n’étais pas sur le point de sombrer, mais l’arbitre a jugé bon d’intervenir pour ma sécurité, ce dont je lui suis reconnaissant. Jamais je n’aurais abandonné.”

Ce courage et cette détermination font peut être partie de la dernière impression qu'on garde de ce combat, particulièrement que Condit est revenu de l’arrière pour finalement obtenir la victoire. Lors de ses 10 précédant combats professionnels, dont ses débuts victorieux à l’UFC face à Mike Guymon en janvier 2010, MacDonald n’avait pour ainsi dire, à peu près jamais été véritablement testé, même malgré tout le battage médiatique à son endroit attribuable au fait qu’on lui avait attribué le titre de meilleur espoir canadien depuis l’arrivée de l’actuel champion de l’UFC, Georges St-Pierre. Et si vous voulez le qualifier de futur Michael Jordan des MMA, sûrement que certains vont sourciller après une aussi flatteuse comparaison.

Or, sans les Pistons de Detroit Pistons pour leur avoir enseigné les règles non écrites de ce que ça prend pour remporter un championnat de basketball, possiblement que Jordan et les Bulls de Chicago n’auraient pas remporté plusieurs titres de la NBA. De la même façon, si Matt Hughes ne lui avait passé la clé de bras lors de leur première rencontre, peut-être que St-Pierre ne se serait jamais élevé au même niveau d’excellence à 170 livres. Et sans Carlos Condit, Rory MacDonald ne posséderait peut-être pas les mêmes qualités qu’il possède aujourd’hui.

“Tout le monde avait raison d’affirmer que l’expérience serait un facteur déterminant, puisque ce fut le cas”, soutient MacDonald. “Il m’a déjoué lors du dernier round. Je me suis laissé emporter et j’ai voulu sortir mes canons pour être excitant, et je serai toujours un combattant excitant, mais j’ai maintenant appris comment agir plus intelligemment. Autrefois, je ne pensais qu’à l’action, comme si c’était une course jusqu’au fil d’arrivée, puis j’ai fait des erreurs cruciales lors du dernier engagement et ce fut difficile à gérer puisque j’ai eu l’impression de faire un pas en arrière dans ma carrière. Je pensais vraiment que mon temps était venu, mais à la fin, j’ai finalement compris que ce dénouement a été une bénédiction. J’ai certes été blessé par la situation au départ, mais je reviens maintenant plus fort et plus intelligent.”

Et plus dangereux. Maintenant, MacDonald sait qu’il peut rivaliser avec un adversaire de calibre mondial et continue de se battre avec le même coeur et la même détermination que tout combattant aimerait posséder, et il reconnaît qu’il n’aurait jamais pu savoir tout ça s’il n’avait pas été testé. Et même s’il n’a que 21 ans, sa réaction suite à sa défaite n’a pas été qu’un ‘ok, ce n’était qu’une mauvaise journée’. Ça l’a frappé comme un coup en plein visage, encore plus fort que ceux que Condit lui avait fait encaisser, ce qui prouve encore une fois que dans sa poitrine, bat le cœur d’un véritable combattant.

“J’ai pris un moment de recul parce que ce fut un revers difficile pour moi, mais maintenant je vais bien. J’ai parcouru beaucoup de chemin depuis. J’ai subi une chirurgie au genou et j’ai pu bénéficier de beaucoup de temps pour m’entraîner et m’améliorer en compagnie de ma nouvelle équipe à Montréal, donc je suis particulièrement heureux d’être maintenant de retour.”

Ce samedi soir, MacDonald sera de retour afin d’affronter la vedette montante Nate Diaz lors de l’événement UFC 129 au Rogers Centre de Toronto. C’est non seulement un affrontement digne de recevoir la mention du combat de la soirée, mais c’est aussi un combat clé pour les deux combattants qui cherchent à rebondir suite à une récente défaite. Donc afin de se préparer, l’athlète originaire de la Colombie-Britannique s’est exilé au Québec dans le but de s’entraîner en compagnie de la bande du Tristar Gym. Pour intégrer un tel groupe, duquel font partie ses nombreux confrères de l’UFC 129, GSP, Ivan Menjivar, Sean Pierson, John Makdessi et Yves Jabouin, vous vous devez d’être au sommet de votre forme en tout temps. Côtoyer des vétérans accomplis qui peuvent se permettre d’appeler le centre d’entraînement ‘leur maison’, a beaucoup contribué à l’amélioration du jeu de MacDonald, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Octogone.

“J’ai beaucoup discuté avec des confrères plus expérimentés qui m’ont aidé à prendre les décisions que je devais prendre pour ma carrière”, explique-t-il. “Ils m’ont conseillé au sujet de mes besoins, des attentes que je peux avoir, m’ont enseigné des façons de gérer certaines situations et m’ont aussi donné des conseils sur la façon dont je dois me comporter dans le ring. C’est un bonus qu’ils aient pu m’enseigner tant de choses en dehors du fait que j’aie pu m’entraîner à leurs côtés.”

Diaz a aussi un clan pour l’épauler chez lui en Californie, et si les deux adversaires partagent certaines similitudes notamment lorsqu’il est question de leur jeunesse, de leur talent, et de la qualité de leurs coéquipiers, le jeune homme de Stockton n’est jamais effrayé de s’adonner à de petits jeux avant et pendant un combat. Or, le calme et posé MacDonald insiste lorsqu’il affirme qu’il ne participera pas à ces jeux-là.

“Je ne peux pas m’imaginer avoir l’esprit échauffé”, commente ce dernier. “C’est un travail que nous faisons pour vivre et cela ne me fait ni chaud, ni froid, s’il peut me dire certaines choses ou pas avant le combat. Je reste de glace. Certaines personnes ressentent le besoin de se mettre dans un certain état émotif afin de pouvoir faire mal à d’autres gens et être dans un bon état d’esprit pour combattre, mais s’il le fait, il assumera le fait de le faire seul puisque je n’aurai rien à voir là-dedans.”

Cette approche d’insaisissable rival devrait influer sur la performance de MacDonald dans l’Octogone, puisqu’il admet que la pression de se battre chez lui lors de son combat en Colombie-Britannique contre Condit lui avait pesé sur les épaules.

“J’étais vraiment très émotif (contre Condit), mais cette fois-ci, ça ne viendra pas influencer le combat”, promet-il. “Je n’aurai qu’une chose en tête pendant tout ce temps et ce sera de regarder de l’autre côté de la cage où se trouve Diaz et le battre, rien d’autre.”

Diaz devrait être dans le même état d’esprit, une autre bonne raison de ne surtout pas manquer cet affrontement. Et si vous avez besoin de davantage de preuves pour vous en convaincre, reculez un peu dans le temps et arrêtez-vous au 9 avril afin de voir le frère de Nate, Nick, défendre sa ceinture des poids mi-moyens Strikeforce contre Paul Daley. Un véritable classique de combat ‘à la Diaz’, et il se trouve que Nate est un clone virtuel de son aîné lorsqu’il est question d’attitude, de résilience et de polyvalence. Ce n’est pas surprenant que MacDonald ait regardé le combat, et il est prêt.

“Les frères Diaz sont robustes, résistants et sereins”, explique McDonald. “Ils ne semblent peut-être pas physiquement dangereux, mais ils sont très intelligents et décontractés. Ils possèdent des armes que beaucoup n’ont pas et je sais que Nate n’est pas un combattant orthodoxe et qu’il peut être particulièrement original et imprévisible avec son style, donc je dois être prêt pour ça et je dois le prendre très, très, très au sérieux.”

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