Warburton est prêt pour sa seconde chance

« Tout ce que j’ai à faire c’est de me présenter et faire mon travail. Je vais rester debout et échanger avec lui afin de voir ce qu’il a dans le ventre. »
Votre route pour vous rendre au travail n’est rien en comparaison de celle empruntée par Curt Warburton pour se rendre à Sydney afin d’affronter Maciej Jewtuszko à l’UFC 127.

Le poids léger a dû faire deux heures de route depuis Bishop Auckland jusqu’à l’aéroport de Manchester, pour ensuite faire une heure de vol jusqu’à Heathrow, où il a pu prendre son avion à destination de Bangkok. Après avoir fait escale, il a repris le chemin vers Sydney à bord d’un autre appareil, pour un total de 22 heures de vol. Pourtant, vous n’entendrez jamais Warburton se plaindre. « Au moins, je sors de chez moi et je visite différentes régions. En plus, c’est un bel endroit et il fait chaud par ici. »

Si vous vous demandez comment un jeune homme originaire d’un endroit si froid et pluvieux que l’Angleterre peut conserver une attitude si chaleureuse après une telle escapade, considérez que Warburton a l’habitude d’être sur la route puisqu’il lui fait trois heures pour se rendre au Wolfslair Gym chaque semaine afin de s’entraîner. Ce qui rend le supplice supportable, c’est sans contredit qu’il peut y rejoindre ses collègues Michael Bisping et Tom Blackledge.

« Nous nous retrouvons tous au gym, ce qui rend l’endroit plus animé et le comble d’éclats de rire, » commente Warburton. « Ce n’est plus comme s’il n’y avait que moi au gym qui allait se battre, avec tout le monde sur ton dos – tu dois faire ceci ou cela. Ça réduit la pression qu’il y ait là-bas plusieurs personnes qui participent au même événement et qui passent par la même chose que moi. »

« Dès que nous nous retrouvons sur le tapis, on s’entraîne sérieusement, » poursuit-il. « Je vis à trois heures de route du gym, donc j’arrive le lundi et y vis toute la semaine avec quelques collègues. Aussitôt que l’entraînement se termine, nous faisons à manger dans la cuisine tout en riant, en attendant la prochaine session d’entraînement. Nous sommes une véritable famille ici. »

L’adversaire de Warburton sera le Polonais Jewtuszko, un combattant qui avait fait bonne impression lors de son unique combat à la WEC en août dernier au cours duquel il avait mis le cogneur Anthony Njokuani hors de combat en seulement 95 secondes. Si Warburton n’en sait pas beaucoup sur son adversaire, il en a vu assez pour l’analyser.

« Tout ce que j’ai vu, c’était sur YouTube, » mentionne le Britannique de 30 ans au sujet de Jewtuszko. « Il est très inorthodoxe et imprévisible. C’est un gaucher, comme j’en affronte souvent et je les déteste. (Rires) Mais tout ce que j’ai à faire c’est de me présenter et faire mon travail. Je vais rester debout et échanger avec lui afin de voir ce qu’il a dans le ventre. Je suis très fort physiquement pour mon poids et si jamais il cause trop de problèmes avec son style particulier, je l’amènerai au sol et il ne se relèvera pas. »

« De ce que j’ai pu voir de lui, il semble ne jamais savoir ce qu’il va faire avant la dernière minute, » poursuit Warburton. « Envolée de coups de genou ou de pieds, coups de coude retournés. Comme il est si peu orthodoxe, ça laisse des ouvertures puisqu’il conserve sa garde basse, mais je dois m’approcher avec précaution puisqu’il peut sortir n’importe quoi de nulle part. Si jamais nous en arrivons au point où nous nous retrouvons en corps à corps, je crois pouvoir l’amener au sol assez facilement. »

Ce sont des paroles confiantes pour un combattant qui n’a seulement que huit combats professionnels en carrière, mais Warburton s’est mérité le droit de l’être et non seulement par sa victoire en 2007 sur l’espoir Britannique Ross Pearson, mais aussi par sa performance à ses débuts à l’UFC en octobre dernier face au chevronné Spencer Fisher. « The War » avait été repoussé jusque dans ses derniers retranchements, mais avait tout de même remporté le premier round contre Fisher et l’avait presque soumis or, il avait manqué de carburant en cours de second engagement pour finalement s’incliner par décision au bout des trois rounds. Mais peu importe le résultat final, Warburton avait prouvé qu’il méritait sa place.

« Ça avait mal été lors de ce camp d’entraînement et nous avions jonglé avec l’idée que je me retire, mais comme c’était mon premier affrontement à l’UFC et que c’était une belle opportunité pour moi, je ne voulais pas, » explique-t-il. « Je croyais tout de même pouvoir remporter le combat et le premier round a très bien été, mais j’ai manqué d’énergie. Considérant qu’il est un bon combattant et sachant que j’ai pu rivaliser avec lui jusqu’au dernier engagement, ça m’a donné confiance pour le combat à venir. »

Jewtuszko, avec une fiche de 8-0, a une expérience similaire sur papier, mais là où Warburton a peut-être un avantage, c’est qu’il a déjà vécu le trac de livrer un premier combat à l’UFC et a acquis une certaine expérience face à un vétéran tel que Fisher. Une telle expérience n’a pas de prix.

« Il était expérimenté, » dit Warburton au sujet de Fisher. « Il savait quand augmenter le rythme, comment garder le contrôle, quand mettre de la pression et j’ai beaucoup appris lors de ce combat. C’était aussi ma première expérience dans un gros aréna, donc j’étais nerveux. J’ai bon espoir de pouvoir aborder mon prochain combat plus calmement. »

Inutile de spécifier que dans une division aussi étoffée que les poids légers, lever les bras en guise de victoire est impératif afin de conserver sa place. « J’ai eu un bon camp d’entraînement pour ce combat donc je devrais être en mesure de livrer une bonne performance puisque j’ai l’intention de continuer de me battre à l’UFC et que le seul moyen d’y parvenir, c’est de gagner. »

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