Joe Stevenson - Le Joker

"Vous êtes soit arrogant soit confiant dans ce sport. Il y a une ligne très fine entre les deux, et il faut être sur de quel coté tu vas tomber. "

Si vous êtes parent, vous n'avez pas à envier Joe Stevenson suite à sa défaite par KO face à Mac Danzig lors de l'UFC 124 au mois de Décembre dernier. C'est facile à expliquer tous les tenants et les aboutissants du combat à ses enfants lorsque les choses se passent bien, mais comment leur expliquer que tu as été mis KO, mais que tout va bien?


« Il faut être un homme, » a dit Stevenson, père de quatre garçons. « Tout le monde peut gagner un combat ou être un champion avec une série de six victoires consécutives. Mais je pense qu'il faut être 10 fois plus fort pour se remettre debout après une défaite et dire 'OK, je reprends tout à zéro.' Il faut être fort et montrer que tout va bien, surtout lorsqu'il s'agit des enfants. Ça, pour moi, c'est la chose la plus importante au monde. »

« Et soyons honnête, » il sourit. « Mes enfants ont vu pire lorsqu'ils m'ont vu affronter BJ (Penn). » 

C'est vrai. Et s'il s'agit de donner des leçons de vie, d'expliquer son travail, ou d'être simplement à l’écoute, le combattant poids léger talentueux porte bien son surnom 'Joe Daddy' (Papa Joe), comme nul autre.

« Il y a des parents qui envoient leurs gamins dans les écoles privées ou qui font l'enseignement à domicile et qui les protègent de tout ce qui les entourent » il explique. « Tandis que nous en tant que famille, nous les abritons pas vraiment de grand chose à part de ce qu'ils ne devraient pas voir du tout. Nous leur disons ce qu'on pense, et la porte est toujours ouverte pour nous parler, n'importe le sujet. Il n'y a pas de mauvaises questions, surtout lorsqu'il s'agit de ses enfants. »

Cette partie des choses est réglée, Stevenson doit toujours s'occuper de ses propres doutes et questions suite à sa deuxième défaite consécutives et son premier KO depuis son combat contre Jens Pulver en Juin 1999, lorsque le Californien n'avait encore que 16 ans.

« C'était plus inquiétant coté émotionnel, » a dit Stevenson du combat face à Danzig, au cours duquel il a été séché par un crochet de gauche juste avant la deuxième minute du premier round. « J'avais jamais été mis KO avant. J'ai combattu contre Jens lorsque je n'étais âgé que de 16 ans et il m'a cassé l'orbital. Je n'étais pas KO – je souffrais beaucoup. Mais c'est sans aucun doute le coup qu'on ne voit pas venir, et celui auquel on ne s'attend pas. Je ne pensais même pas qu'il allait me boxer. Je me disais 'Je l'ai bien touché, je fonce.' Et ça m'apprendra d'être gourmand et de chercher à finir rapidement et de ne pas suivre notre stratégie. Si tu regardes la vidéo, on entend (son entraîneur) Greg (Jackson) dire 'suis la stratégie Joe'. Et je prends l'entière responsabilité pour ce qui s'est passé. Mais cela a répondu à pas mal de questions. Je me demandais ce que ça fait d'être KO, et en vérité ça ne fait rien. »

Stevenson, comme à son habitude, choisit de voir le bon coté des choses plutôt que le coté sombre. Et ce n'est pas étonnant lorsqu'on considère que la suite d'une défaite par KO est moins dur généralement qu'après une guerre éprouvante de trois rounds. Bien sûr, c'est bien pire d'avoir une défaite par KO sur son palmarès que d'avoir une défaite par décision. Mais pas pour Stevenson.

« Je préfère être KO ou finalisé par soumission que de perdre par décision, » il a dit. « Avec une décision, il y a quelque chose que j'aurais pu faire différemment. Je pense qu'au plus haut niveau, tout le monde peut battre tout le monde, selon la journée. Il y a des adversaires qui seront plus difficiles que d'autres, à cause de leur style, mais perdre par décision, pour moi, sauf si c'est le Combat de la Soirée, tout le monde est perdant car il n'y a pas de réponse définitive. »

Ce qui n'est pas ouvert au débat c'est qu'avec deux défaites consécutives et quatre dans ses six dernières combats, Stevenson aura le dos contre le mur lorsqu'il affrontera le nouveau arrivé du WEC Danny Castillo ce jeudi à Louisville. 

« C'est un élément inconnu et il est dangereux, » a dit Stevenson au sujet de Castillo, qui arrive à l'Octogone avec une série de deux victoires consécutives. « Il n'aurait pas accepté le combat s'il ne croyait pas pouvoir le gagner. Alors je sais qu'il ne le prend pas à la légère. Il tape fort, c'est un bon lutteur, il contrôle bien lorsqu'il est dessus et sa défense contre les soumissions est admirable. Je crois que pour lui son arrivée à l'UFC, c'est un peu plus angoissant, mais plus j'y pense, plus je constate que la seule chose qui séparait les deux organisations est qu'on avait plus de combattants à l'UFC. Les meilleurs combattants du WEC étaient aussi fort et aussi dangereux. » 

Cependant Stevenson sait qu'il aura un combat difficile, c'est peut être lui le vrai joker lors de ce combat. Il est calme et préparé pour ce qui pouvait être le combat le plus important de sa carrière.

« Je sors de deux défaites mais je n'ai pas vraiment le traque pour ce combat, » il s'explique de façon détachée. « J'ai déjà été dans cette situation et je suis revenu et je sais à quoi m'attendre. Je me sens à l'aise, mais j'ai quand même un sens d'urgence, puisque ce gamin est aussi coriace. Ça va être génial. »

Cette fois, le combattant de 28 ans a ajouté de nouvelles cordes à son arc, car il est resté en Californie durant une bonne partie de sa préparation. Il a quand même passé du temps à Albuquerque avec l'équipe de Jackson’s MMA et Greg Jackson sera dans son coin cette semaine, mais il sera accompagné par son ami de longue date et entraîneur de boxe très respecté Henry Ramirez, qui dirige actuellement les carrières du challenger poids lourd Chris Arreola et la jeune star montante Josesito Lopez.

« Il (Ramirez) est un grand ami à moi et mon coach lorsque je suis chez moi, » a dit Stevenson, qui a travaillé avec Ramirez à Riverside et chez lui à Victorville. « C'est un des coachs les plus intelligents avec qui j'ai toujours eu plaisir à travailler. »

Et pour la préparation physique, il n'était pas à Albuquerque, mais il s'est cependant entraîné en haute altitude.

« Chez moi à Victorville, on est un peu en haute altitude, » il dit. « Et puis lorsque je m'entraîne en basse altitude, presque au niveau de la mer à Riverside, cela me permet de travailler plus le bas, et revenir ici pour récupérer à haute altitude. J'aime beaucoup ce scénario. »

Mais pour tout le travail physique et affûtage technique, on sent que, après 12 ans de carrière pro, la meilleure arme de Stevenson est sa capacité de se servir de cette expérience pour gagner un baston. Castillo est très talentueux mais il n'est jamais passé par là où Stevenson est passé, et lorsqu'on parle de ceci avec l'ancien challenger officiel de la catégorie, il se dit d'accord à contrecœur, puis il explique sa réponse.

« Je pense que cela me donne un certain avantage, » il dit. « Mais le mec qui dit 'il n'a jamais été là', c'est comme le mot d'ordre pour perdre un combat. 'J'ai affronté des personnes qu'il n'a jamais affronté.', 'J'ai fait des choses qu'il n'a jamais fait','il n'a jamais affronté un mec comme moi'. Lorsque je lis cela, ou j'entends cela, je me dis 'attends une minute,' c'est un chemin dangereux à suivre. Vous êtes soit arrogant soit confiant dans ce sport. Il y a une ligne très fine entre les deux, et il faut être sur de quel coté tu vas tomber. »

Cette déclaration résume l'avis de Stevenson à ce sujet, et il ne mâche pas ses mots lorsqu'il parle d'un campagne de 2010 qu'il aimerait sans doute oublier.

« Je dois regarder beaucoup de choses que j'ai fait en 2010, comme ne pas suivre des stratégies, laisser le public m’influencer comme en Australie et ce genre de chose, et je dois apprendre de mes erreurs, » il dit. « Je vais apprendre de mes erreurs et faire en sorte que je ne les répète pas. »

Alors ça veut dire quoi pour 2011? Il va s'inspirer de son pote Arreola pour cette réponse.

« 2010, » dit Stevenson, « Il faut l'oublier, c'était une mauvaise année et 2011 sera mon année. »

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