Le rêve de Pierson n'est pas encore terminé

"Je peux difficile m'imaginer l'énergie qui se dégagera de cette foule et j’espère seulement être capable de pouvoir leur donner un bon spectacle et bien entendu, remporter la victoire." - Sean Pierson
Certains combattants disent que vous battre pour la première fois dans l’Octogone de l’UFC vous fait sentir comme si votre coeur avait cessé de battre. Sean Pierson avait pour sa part l’impression que le sien allait bondir hors de sa poitrine.

“Lors du premier round, je me suis dit ‘c’est le temps de se battre, allons-y’ et c’est habituellement mon style”, commente Pierson au sujet de ses débuts à l’UFC contre Matthew Riddle en décembre dernier. “Mais après le premier round, mon rythme cardiaque devait atteindre les 300 kilomètres à l’heure et je n’arrivais pas à me calmer. Alors que nous en étions environ aux trois quarts du combat, je me suis dit qu’il valait mieux que je commence à me contenir parce que Matt ne serait pas facile à maitriser et que tout semblait bien aller du côté de son cardio.”

Mais l’athlète originaire de l’Ontario a pris bien peu de temps de répit lors de cet affrontement de trois rounds bourré d’action, et tout spécialement considérant le fait que les partisans massés au Centre Bell de Montréal de sont mis à insuffler de l’énergie à leur confrère canadien.

“À mi-chemin du second engagement, je pouvais les entendre scander mon nom partout dans l’aréna. C’était un sentiment totalement fou. Ça m’a pris une seconde avant de réaliser ‘oh, ils scandent mon nom.’”

Hollywood n’aurait pu écrire un meilleur scénario pour cette soirée au Québec, alors que le héros local avait bien paru sur la grande scène après plus d’une décennie de sang, de sueur et de larmes dans l’attente de se voir offrir une telle opportunité. Sean Pierson était finalement devenu un combattant de l’UFC et suite à sa victoire par décision unanime sur Riddle au terme de trois rounds (un combat que le président de l’UFC, Dana White, a qualifié de meilleur affrontement de la carte de l’UFC 124), il a formulé la promesse de le demeurer.

Inutile de préciser que la foule l’a acclamé.

“À la fin de l’affrontement, lorsque moi et Riddle nous sommes serrés la main, j’ai pu constater que la foule nous avait réservé une ovation debout et savoir que tant de gens ont apprécié votre performance dans l’Octogone procure un sentiment indescriptible”, soutient Pierson. “Si ça avait été le seul et unique combat que j’avais livré et le dernier de ma carrière, j’aurais été satisfait et jamais je n’aurais échangé cela pour rien au monde.”

Non seulement ce n’était pas le dernier combat de Pierson, mais encore mieux, il combattra ce samedi lors de l’événement UFC 129 chez lui à Toronto. Après douze longues années de carrière professionnelle, il livrera son premier affrontement dans sa province et ce sera devant une foule record de 55 000 spectateurs.

“Évidemment j’ai songé à cela et j’ai pensé ‘mais comment peut-on se préparer pour ça?’”, philosophe Pierson. “J’ai eu du mal à me préparer pour l’UFC à Montréal. J’ai tout fait pour m’imaginer ce que ce serait et je peux vous dire qu’une fois que vous arrivez là-bas, c’est passablement différent. La foule est folle, les partisans sont bruyants et crient pour vous encourager. Peut-être que le fait que c’était mon premier combat a rendu les choses plus difficiles. Je suis devenu fébrile et je me suis dit ‘c’est stupéfiant’. Maintenant dans ma ville, je connais personnellement des milliers de gens qui seront là pour nous.  Je peux difficile m'imaginer l'énergie qui se dégagera de cette foule et j’espère seulement être capable de pouvoir leur donner un bon spectacle et bien entendu, remporter la victoire. Ce sera une belle expérience pour tous ceux qui y sont impliqués.”

Et une expérience remplie d’émotion pour l’athlète de 35 ans, qui a connu des hauts et des bas depuis qu’il est passé chez les professionnels avec une victoire par TKO sur Steve Vigneault en 1999. À cette époque, Pierson croyait que ce n’était qu’une question de temps avant que le sport qu’il aime tant soit légalisé dans sa province. Or, ce fut loin d’être aussi facile.

“Lorsque j’ai commencé, il y a de cela 12 ans, je croyais que ça ne prendrait que trois ou quatre ans avant que l’Ontario emboîte le pas”, avoue-t-il. “12 ans plus tard et c’est finalement le cas. Toutefois, rien ne sert de s’attarder au passé, il faut plutôt regarder le futur. Il faut se dire ‘c’est fait maintenant, donc donnons un bon spectacle et montrons aux gens de l’Ontario pourquoi cela a été fait [c.-à-d. la légalisation des MMA] et que le sport est ici pour rester.’”

Ça peut paraître optimiste comme discours considérant la situation passée, mais c’est la seule façon de voir les choses. Pierson ne peut retourner dans le passé afin de faire en sorte que le sport soit légalisé afin de voir quelle carrière il aurait eue si cela avait été fait avant. Il peut uniquement gérer la situation présente et penser au lendemain. Et cette attitude lui a certes aussi permis d’accepter plus facilement que son adversaire initial pour l’UFC 129, Brian Foster, ait dû se retirer du combat pour des motifs d’ordre médicaux et que le redoutable Jake Ellenberger allait prendre sa relève.

“Je pourrais vous mentir en affirmant que cette situation ne nous a pas mis les bâtons dans les roues, mais c’est en effet venu contrecarrer les plans”, admet-il. “Je m’entraîne pour être capable de faire face à n’importe quelle situation, c’est un fait. Mais nous avions aussi prévu un plan de match et orienté mon entraînement en fonction d’un type d’adversaire spécifique. Lorsque je dois affronter un autre adversaire, les forces et faiblesses de ce dernier peuvent ne pas être les mêmes. Un tas de petites choses peuvent se retourner contre vous lorsque vous changez d’adversaire, mais ça fait partie du sport et je dois continuer à m’entraîner comme je le faisais déjà et passer par-dessus ça. Nous allons seulement retourner à la table de travail afin de revenir avec une nouvelle stratégie.”

Heureusement, il ne s’entraîne pas avec un groupe de guerriers du dimanche au centre d’entraînement situé au coin de la rue. Il s’entraîne au renommé Tristar Gym, l’endroit même que fréquente le champion des poids mi-moyens de l’UFC, Georges St-Pierre, ainsi qu’une liste interminable d’entraîneurs et combattants reconnus internationalement. À titre d’exemple, un message publié par Pierson sur Twitter il y a quelques semaines faisait mention de sa journée d’entraînement : des rounds avec St-Pierre, la vedette montante Rory MacDonald ainsi que les vétérans David Loiseau et Denis Kang. Ça peut soit être une journée de travail, ou de torture, compte tenu de la façon dont se sont déroulés lesdits rounds…

“Quand vous voyez ça, vous vous dites sûrement ‘oh, c’est bien’”, soutient Pierson en s’esclaffant. “Je crois que c’est avec Rory que j’ai échangé en premier, puis en second lieu ils m’ont envoyé un adepte de K-1 et par la suite Georges est venu en troisième. Je me disais ‘il n’y en aura pas de facile. Non, mais quand vont-ils me donner un moment de répit?’ (Rire) Mais c’est bien parce qu’après avoir terminé, et particulièrement si les rounds ont été compétitifs, vous pouvez vous dire que si vous avez pu tenir bon avec ces gars-là, vous pouvez le faire avec n’importe qui. C’est bon pour la confiance et nous apprenons beaucoup les uns des autres.”

Ce sur quoi Pierson n’a pas besoin de travailler, c’est ce qui est ancré en lui, soit la classe qui est si caractéristique des athlètes de la communauté des arts martiaux mixtes. Malgré tous les discours tenus au fil des années par les détracteurs des arts martiaux mixtes voulant que ce soit un sport violent, la vérité, c’est que les combattants de MMA sont comme n’importe quels autres athlètes de sport professionnel – leur désir de se battre est animé par l’esprit compétitif que ce sport offre, et non pas par désir de blesser qui que ce soit. C’est pourquoi, lorsque Pierson a été mis au fait du retrait de Foster, la première chose qu’il a faite fut de téléphoner à celui avec qui il devait échanger des coups de poing afin de lui offrir ses condoléances et lui souhaiter un prompt rétablissement.

“Je le dis depuis des années – je ne me bats pas, je fais de la compétition”, soutient Pierson. “Je ne fais que rivaliser avec mon adversaire et d’aucune façon je ne voudrais que par ma faute, il soit dans l’incapacité de soutenir sa famille ou de faire ce qu’il désire. Je n’ai aucune mauvaise intention en regard à mon adversaire, autre que de tenter de remporter le combat. Que ce soit par mise hors de combat, par soumission ou par décision, je ne désire que rivaliser ainsi que faire du mieux que je peux afin de démontrer mes habiletés. Et à la fin de l’affrontement, tout ce que je veux c’est rencontrer mon adversaire par la suite, lui serrer la main et lui dire ‘tu as fait du bon travail, je te souhaite la meilleure des chances pour ton prochain combat.’”

Le prochain combat de Sean Pierson sera samedi. Et si son coeur ne bondit pas hors de sa poitrine en résultat de l’excitation qui l’habite, vous pourrez vous attendre à le voir utiliser chaque infime parcelle de ce cœur afin d’obtenir la victoire qu’il désire depuis 12 ans.

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