
Lorsque
le challenger poids léger Jim
Miller fini son échauffement, avant même de commencer sa
séance de conditionnement, il est trempé de sueur et il respire
comme un taureau. On pourrait croire qu’il était à la fin de son
entraînement, plutôt qu’au début.
« Parfois Jim
fait 37 exercices différents pendant l’échauffement, »
explique Martin Rooney, le préparateur physique de Jim Miller
et de son frère Dan
Miller. « Des gens me demandent ' Un échauffement ?
C’est une séance complète !' »
Ce que
fait Miller, et ce qui est devenu le standard pour des
combattants de l'UFC et d’autres athlètes professionnels,
s’appelle un échauffement dynamique. C’est le contraire des
traditionnels étirements statiques pendant 30 secondes. Les
combattants ont laissé tomber cette pratique, et vous devriez faire
la même chose.
« Un échauffement dynamique est
l’une des meilleures choses qu’on peut faire si on veut avoir une
séance productive, » explique Rooney, qui a
préparé Frankie
Edgar, Renzo
Gracie, Ricardo
Almeida, et une longue liste de grapplers et judokas de haut
niveau. « Tout d’abord, ça aide à éviter des blessures.
Lors d’un échauffement dynamique, on augmente le rythme cardiaque,
augmente la circulation du sang dans les muscles, stimule le système
nerveux, et améliore la coordination et la motivation. Tout ceci
nous met en bonne voie pour ce qui va suivre. »
Un
échauffement dynamique est une série de mouvements du poids du
corps effectués en circuit qui poussent les articulations à la
limite de leur mobilité, mais jamais plus loin. Certains sont des
mouvements de calisthenics traditionnels mais exécutés à un rythmé
élevé. Pendant l’échauffement aucune surcharge n’est utilisée.
Un athlète peut passer des cercles des épaules aux fentes puis aux
carioca en moins de deux minutes. Ce qu’il ne fera pas est de
maintenir une position d’étirement, autrement dit l’étirement
statique, comme on a tous fait en cours de sport à l’école.
Pour
les combattants, l’étirement statique a suivi les katas direction
la poubelle. Parce que lorsqu’un muscle est étiré, il perd un
degré de son élasticité, ce qui permet à l’athlète de générer
de la puissance. Si on tire sur un élastique sans cesse, il va
s’allonger, mais il perdra aussi une partie de son élasticité. Un
muscle fonctionne plus ou moins de la même façon. Un échauffement
dynamique prépare le muscle sans sacrifier sa puissance ou son
explosivité. Une étude publiée dans le Journal
of Sport Sciences*
a montré que, suite aux étirements statiques, la taux de développement de force d’un muscle diminue de huit pour cent.
« Si
on sort un steak du congélateur et on le plie, il va se casser, »
explique Rooney, auteur de Warrior
Cardio.
« Mais une fois que le steak est bien décongelé, il va être
plus souple et il peut bouger. Un muscle qui est chaud avec plus de
sang qui tourne peut conduire les influx nerveux plus rapidement et
peut générer plus de force et de vitesse. »
Tandis que
multiples études scientifiques ont montré qu’un échauffement
dynamique peut améliorer les performances, sa véritable force est
qu’il peut réduire le risque de blessure. Des recherches publiées
dans le Strength
and Conditioning Journal**
ont montré que des athlètes qui s’étirent de manière dynamique
souffrent moins de blessures que ceux qui s’étirent de manière
statique.
« Il n’y a pas encore de réponse
définitive pour dire si l’étirement dynamique ou statique est
plus efficace pour améliorer la souplesse, mais on sait que
l’étirement statique met
le
système nerveux en veille, créé des micro-déchirures dans les
muscles et nuit à la performance. C’est absolument pas ce qu’on
veut faire avant de s’entraîner, » explique Rooney.
Que
tu fasses une séance 5x5 pour travailler la force dans le rack
à squat, ou des circuits métaboliques type CrossFit, ou rouler sur
les tapis lors d’un cours de grappling, un échauffement dynamique
peut t’aider à assurer une séance positive et efficace. Mais
mieux encore, tu n’as pas besoin d’effectuer 37 exercices comme
fait Jim Miller.
« Pour une personne normale, il suffit
de faire 10 à 12 exercices pour bien profiter. Ça peut être fini
assez rapidement, en huit à 10 minutes, » explique Rooney.
« Faites en sort de bien transpirer. Sinon vous n’êtes sans
doute pas bien échauffé. »
Voici un exemple d’un
échauffement dynamique :
Les variations sur l’échauffement
dynamique n’ont pas de limites. Voici un exemple avec des
mouvements familiers qui peuvent être effectués dans n’importe
quel espace ouvert.
Cardio 5 min
Fentes
20 par jambe
Courir talons aux fesses
20 par jambe
Levé jambes
20 par jambe
Coup de pied
haut
20 par jambe
Hacky Sack
20 chaque coté
Jumping Jacks
30 total
Virages coté
20 chaque
coté
Cercles des bras
20 chaque direction
Course latérale
20-30
yards
Ramper d’ours
20-30 mètres
Levé genoux
20-30
mètres
Écarter bras avec élastique
20 total
Références:
* Rosenbaum,
D. and E. M. Hennig. 1995.
The influence of stretching and warm-up exercises on Achilles tendon
reflex activity. Journal of Sport Sciences vol. 13, no. 6, pp.
481-90
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8850574
**
Mann, Douglas, Jones Margaret 1999: Guidelines to the implementation
of a dynamic stretching routine, Strength and Conditioning
Journal:Vol 21 No 6 pp53-55

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