Tidiani Biga/GSP : La rencontre du Muay avec les Arts Martiaux Mixtes

Tidiani Biga n'est plus sur le ring mais il n'en est jamais vraiment loin.

Champion de France, d'Europe et du monde, ce combattant renommé a gardé une passion intacte pour sa discipline de prédilection : le muay-thaï. À 28 ans, il arrête sa carrière de combattant sans savoir alors que son destin va croiser celui d'une autre discipline : le MMA et d'un autre champion : GSP.
Tidiani Biga en compagnie du champion Georges St-PierreÉloigné des rings, il se remet en question, mais continue à se battre pour passer ses diplômes et enseigner tout ce que ce sport lui a appris.

"Après avoir pris la décision d'arrêter le haut niveau,  j'ai décidé de passer mes diplômes pour enseigner le muay thaï. J'ai toujours eu envie de retranscrire ce que j'avais moi-même appris. J'ai commencé à l'âge de 14/15 ans chez André Zeitoun avant de poursuivre à Nanterre chez Kouider. Aujourd'hui, j'ai mon propre club le BMTC et recevoir Georges St-Pierre est un honneur pour moi. C'est quelqu'un de très simple, un élève idéal, car il cherche à apprendre toujours plus et parvient parfaitement à appliquer les consignes. Comme je l'ai déjà dit, Georges est une éponge et pour un entraîneur, c'est très enrichissant. Que ce soit avec Georges ou n'importe quel autre de mes élèves, j'essaie de m'inspirer des galères que j'ai pu avoir durant ma carrière pour aider les combattants compétiteurs ou les jeunes en loisirs à s'en sortir et à se surpasser tout en les valorisant comme moi je l'ai été à mes débuts".

Qui aurait pensé que ce puritain du muay thaï se retrouverait un jour dans les arts martiaux mixtes? Sans doute pas lui qui se souvient de ses premières rencontres avec le champion canadien.

"J'ai rencontré GSP par l'intermédiaire de Moïse Rimbon et Francis Carmont qui s'entraînaient au cercle Tissier il y a environ trois ans sous la direction de Lass. Ils voulaient se perfectionner en muay thaï et ont poussé la porte du BMTC. Aujourd'hui, on continue cette collaboration avec l'amitié en plus."

Tidiani, peu bavard à propos de lui n'hésite pas à évoquer sa relation avec GSP en insistant sur les qualités physiques et humaines de ce dernier : "Quand je vois Georges et qu'il a un nouveau défi à relever, on travaille très précisément la stratégie. Je vois ce qui a été décidé avec le reste de l'équipe et j'adapte le muay thaï au combattant qu'il doit affronter."

Et justement, c'est là que GSP parvient à faire la différence. Tidiani poursuit sa description du champion, partagé entre le regard objectif du coach qu'il est devenu et celui plus passionné du combattant qu'il a été:

"Georges a cette capacité à appliquer ce que nous travaillons à la salle tout en restant imprévisible pour l'adversaire, car il travaille toutes les disciplines du MMA, il peut tout faire. Avec Lass qui m'accompagne dans cette aventure depuis le début et qui est aussi au BMTC, GSP travaille les poings et poursuit ce que nous voyons lorsqu'il passe à la salle à Issy-les Moulineaux".

Cette rencontre entre les deux hommes n'est pas seulement celle de deux athlètes ni de deux disciplines. Elle est aussi celle de deux fabuleux destins, celle de deux guerriers du ring ou de l'octogone qui cherchent sans cesse à apprendre. Une soif de réussir et une rage de vaincre pour l'un et l'autre avec une valeur commune : le respect. Le multiple champion de l'UFC a un profond respect pour ses entraîneurs en qui il a une grande confiance, lui qui ne discute jamais leur autorité ou leur expertise. Un champion qui après l'entraînement garde les valeurs humaines et authentiques au coeur de son évolution et de sa préparation.

Tidiani Biga a pu le vérifier à chacune de leur rencontre.

"Lorsque je suis au Canada par exemple, on a une mission, mais il y a aussi un esprit de famille impulsé par Georges qui est très disponible et qui nous accompagne pour dîner ensemble. On partage autre chose que la salle et c'est un plaisir pour moi que d'avoir croisé la route d'un athlète comme Georges qui a su rester humble malgré son parcours à l'UFC qui est la plus grosse organisation de MMA au monde. J'aime cette simplicité chez Georges qu'on retrouve aussi chez Francis Carmont. On est un peu comme une famille : Georges, Francis, Lass et moi, mais on n'en oublie pas notre mission : livrer des clés de lecture et permettre à Georges d'apprendre à nos côtés, mais de poursuivre le travail même lorsqu'on a quitté le Tristar Gym ou que lui quitte le BMTC."

Et il aura à poursuivre ce travail de nak muay avec assiduité, lui qui affrontera son challenger direct: Johnny Hendricks lors de l'UFC 167qui aura lieu à Las Vegas, dans l'état du Nevada.

Tidiani Biga qui ne sait pas encore s'il assistera au combat que tous les partisans de l'UFC attendent nous explique le lien étroit entre leurs deux disciplines :

"Le muay thaï est un sport dur qui évolue et le MMA aussi. Il y a des UFC toutes les deux semaines et les combattants ont tous faim donc il faut sans cesse s'entraîner pour rester le meilleur. Avec Georges, on travaille le muay thaï au service du MMA car les règles et les techniques y sont spécifiques. Par exemple, on va faire très attention au positionnement des appuis et au placement donc des jambes en fonction des techniques qu'on veut mettre en place. L'écart, le rythme ou encore la vitesse d'exécution d'un kick balancé durant le combat peuvent changer la donne et l'issue de ce dernier. Car en MMA, tout est lié. Et rien n'est à laisser au hasard".

Et ceux qui connaissent les sports de combat savent bien qu'il est préférable de jouer l'anticipation et d'être en mesure une fois dans l'octogone de répondre à toute attaque, d'où qu'elle vienne pour éviter une fin prématurée de la rencontre. Tidiani Biga le sait et partage ce point avec GSP :

"Georges ne laisse rien au hasard, il travaille avec acharnement toutes les disciplines nécessaires à la pratique du MMA de haut niveau. Il fait aussi de l'athlétisme ou de la gymnastique. Il cherche sans cesse à se perfectionner et c'est très rare à ce niveau de compétition. Il a une rage de gagner, mais en même temps il a cette force intérieure qui lui permet de rester lucide là où d'autres laisseraient leurs émotions prendre le dessus".

Et cette gestion des émotions va devoir rester d'actualité au moins jusqu'à ce soir de novembre lors de l'UFC 167 durant lequel GSP foulera le sol du MGM Grand Garden Arena pour remettre en jeu sa ceinture de champion du monde de l'UFC des mi-moyens, un titre dont il s'était emparé sans complexe face à Matt Hughes lors de l'UFC 65.

Et ce même soir, si Tidiani Biga n'est pas dans la salle mythique du MGM, il sera à coup sûr derrière son écran pour soutenir son élève et ami tout en se remémorant ses grands moments sur les rings thaïlandais, à une époque où le muay thaï était un des sports de combat, parmi les plus durs qui soit et manquant de soutien de la part des autorités... un peu à l'image du MMA en France quinze ans et plusieurs ceintures mondiales après.

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