Retour sur l'UFC 127

L’UFC 127 est désormais dans les livres... Michael DiSanto décortique le tout...
EST-CE CE QUE LE RÉSULTAT NUL DEVRAIT DÉCOURAGER PENN DE POURSUIVRE CHEZ LES MI-MOYENS?

Samedi soir dernier, BJ Penn a fait ce qu’aucun autre combattant de l’UFC n’a été capable de faire, à l’exception de Georges St-Pierre. Il est entré dans la cage avec Jon Fitch et a pu la quitter sans avoir subi de revers. C’est un accomplissement majeur en soi pour l’ancien champion.

Dites ce que vous voulez du style de Fitch, dans de son comportement que son inhabilité à finir le travail sur ses adversaires. Ce ne sont des dires pertinents que pour le côté « affaires » de l’entreprise. Tout ce qui importe, d’un point de vue compétitif, c'est de gagner. Et cet athlète est un des meilleurs gagnants que nous avons à l’UFC en ce moment. Il lui a fallu livrer le round de sa vie, un engagement au cours duquel il a touché la cible à plus de 100 reprises au sol sans en encaisser un seul en retour, pour en arriver à un résultat nul majoritaire contre Penn.

Mais le fait demeure que l’ancien champion a une fiche de 2-3-1 lors de ses six derniers combats chez les poids mi-moyens dans l’UFC et n’a vaincu personne d’autre que Matt Hughes. Il ne fait aucun doute que Penn ne peut faire autrement que d’être conscient de cela. La question est maintenant de savoir si cet combat nul contre Fitch devrait encourager Penn à demeurer chez les poids mi-moyens ou plutôt considérer ce résultat comme un signe qu’il devrait retourner chez les légers?

Je dois l’admettre, je suis déchiré par cette question

Penn a été fabuleux lors des deux premiers engagements. Il a surpris tout le monde, Fitch et son homme de coin le premier, avec ses habiletés qui lui ont permis d’amener l’éternel aspirant au sol. Je ne dis pas que Fitch ne s’est pas entraîné en lutte pendant son camp d’entraînement. Ça n’a rien à voir. Penn est un des meilleurs athlètes que ce sport n’ait jamais connu. Voilà pourquoi il a été capable d’amener ainsi Fitch au sol.

Le problème est toutefois qu’avec toutes ces tentatives d’amenées au sol, fructueuses et infructueuses, et le temps passé à se défendre à son tour contre les mises au sol, l’a complètement vidé de son énergie au terme de deux rounds. Penn était en grande forme. Mais les effets de pousser et tirer un adversaire qui faisait presque 20 livres de plus que lui se sont fait sentir.

Les deux premiers rounds m’ont fait prendre conscience de deux choses. Premièrement, Penn peut affronter et rivaliser avec n’importe qui chez les mi-moyens pendant deux rounds. Deuxièmement, Penn aurait dû terminer le travail au cours de ces deux premiers engagements et c’est le cas s’il affronte n’importe quel mi-moyen plus massif qui a une bonne lutte, tels que Fitch, Georges St-Pierre, Jake Shields ou même Matt Hughes. Sans ça, il est dans le trouble.

Certains argumenteront que Penn devrait se contenter de dominer les deux premiers rounds comme il l’a fait contre Fitch, puis prendre ses jambes à son cou pour garder la distance pendant le troisième round. Faisons fi un moment de l’ire qu’une telle stratégie soulèverait chez les partisans. Ce serait une stratégie efficace que pour les combats qui n’impliqueraient pas de championnat. Cela ne fonctionnerait pas lors d’un combat de cinq rounds.

Donc qu’est-ce que ça signifie pour Penn, un athlète qui continue à se battre afin d’atteindre l’excellence, et non pas uniquement que pour son chèque de paie? Ça signifie que son parcours en tant que mi-moyens est la route la plus difficile à suivre. Je ne dis pas qu’il ne peut pas le faire, simplement, ce sera beaucoup plus difficile que de retourner chez les légers afin d’affronter Gray Maynard pour le titre, s’il vainc Frankie Edgar lors de leur rencontre à venir.

Penn est dans ce sport afin de prouver à ses détracteurs qu’ils ont tort. C’est pourquoi je suis convaincu que son prochain combat sera un combat revanche contre Fitch et qu’il voudra continuer d’affronter des adversaires plus gros et plus forts, plutôt que de retourner là où il sait qu’il peut dominer.

MALGRÉ LE RÉSULTAT, FITCH CONTINUER DE RELUQUER LE CHAMPIONNAT

Plusieurs partisans de Fitch sont possiblement déçus de leur favori en ce moment. Il a été si dominant au dernier round qu’il est difficile de comprendre pourquoi il n’a pas été encore plus agressif afin de chercher à terminer le combat. Il aurait dû prendre position plus haut et le marteler de frappes plus importantes, pas le gifler avec des petites frappes qui ont gêné Penn davantage que ne lui ont causé de dommages.

Je ne suis pas de ceux qui croient cela. Je crois que la performance de Fitch lors du round final constitue un tournant pour sa carrière. Je sais qu’il n’a pu terminer ce combat avant la fin, ce qui s’ajoute à sa séquence qui totalise maintenant neuf duels où il n’a pu le faire. Ce que ce round prouve, c’est qu’il a l’ADN pour être excellent. Il a ce feu lors de la compétition, une chose qui ne s’enseigne pas. Il sait comment performer quand il y a de grands enjeux en bout de ligne.

“Crazy Bob” Cook savait que son protégé était en retard à la carte de pointage alors que ce dernier cherchait des réponses avant le début du troisième engagement. Cook savait que Fitch se devait de dominer le round final s’il voulait avoir la moindre chance de pouvoir échapper à un revers dévastateur, une défaite qui aurait pu anéantir les aspirations de Fitch pour un éventuel combat de championnat à court terme. L’affable entraîneur n’a pas mis de gants blancs afin de faire passer son message. Si Fitch avait l’illusion en tête qu’il remportait jusqu’alors ce combat ou pouvait aspirer à un résultat nul considérant la carte de pointage des juges après deux rounds, Cook a chassé ces pensées avec une bonne douche froide d’honnêteté à un moment fort bien choisi.

Plusieurs combattants reçoivent des directives claires et semblables avant d’amorcer le dernier engagement de leur combat. Peu d’entre eux prennent ces directives à cœur. Et ceux qui le font ne peuvent pas toujours trouver un moyen de renverser la vapeur. Mais Fitch n’est simplement pas qu’un seul de ces autres combattants. Il est du niveau d’un aspirant pour le titre, un combattant qui aurait sûrement remporté puis défendre son titre depuis si GSP avait pris la décision de jouer au hockey, plutôt que pratiquer les MMA.

L’habileté de Fitch d’être capable d’accepter de voir la réalité en face, écouter son homme de coin et agir en conséquence de ce qui lui a été demandé par ce dernier est quelque chose qui va lui servir la prochaine fois qu’il ira se battre pour le titre – et croyez-moi, il y aura une prochaine fois.

BISPING FAIT GOÛTER À RIVERA SA PROPRE MÉDECINE

Langue de vipère 101 : N’ouvre jamais la bouche sans être bien certain d’être prêt à accepter les conséquences de tes paroles. Jorge Rivera doit accepter cette réalité du jeu.

Je ne sais pas pourquoi personne n’a été surpris de voir Bisping faire face à son adversaire à la fin du premier round afin de lui demander comment il aimait se faire passer à tabac. Similairement, je ne sais pas pourquoi personne ne s’attendait à voir “The Count” faire autre chose que de demander des excuses après avoir terminé sa besogne par des frappes, une fin de combat parfaite considérant le préambule enflammé de ce combat.

Bisping est un des combattants les plus émotifs de l’UFC. Tout le monde le sait. Rivera savait que ses vidéos envenimés toucheraient directement et profondément la corde sensible de “The Count”. Et c’est pourquoi il l’a fait. Il voulait que Bisping se batte insouciamment en se laissant emporter par ses émotions, plutôt que de se battre avec une colère et agressivité contrôlées. Les choses n’ont toutefois pas pris la tournure que Rivera espérait. Cette défaite est ce qu’elle est – et avec le recul, je ne crois pas que le coup de genou illégal ait été lancé avec grande malice. Il s’agit sûrement d’un moment où dans le feu de l’action, Bisping s’est laissé emporté par ses émotions, doublé d’une simple erreur.

Maintenant, je désapprouve toutefois les gestes de Bisping dirigés à l’endroit de l’homme de coin de Rivera. Il y a une ligne à tracer, peu importe à quel point les échanges avant le combat ont pu être endiablés. Brock Lesnar s’est dirigé vers cette ligne lorsqu’il a martelé Frank Mir lors de leur combat revanche après avoir écouté le même genre de commentaires dans les semaines ayant précédé le combat. Bisping l’a transgressé lorsqu’il a craché dans les airs, mais toutes ses autres actions, selon moi, étaient dans la limite du raisonnable. Et ces gestes étaient exactement ce dont à quoi je m’attendais considérant la façon dont Bisping répond généralement aux mauvaises langues.

Les combattants doivent gagner comme perdre avec classe, mais la définition de ce qu’est la classe peut aussi dépendre de la situation. Ces hommes sont avant tout des humaines et les humains sont soumis à leurs émotions. Lorsqu’un homme choisit de prendre une situation qui à la base n’est pas émotionnelle afin de la tourner en dérision dans une guerre de cours d’école, il doit s’attendre à ce que son adversaire réagisse rudement, même après le combat.

Je ne crois pas que ces deux-là vont échanger des cartes de Noël dans un proche avenir et vous savez quoi, c’est correct. J’ai apprécié le combat. Je suis sûr que tout le monde à l’exception du clan de Rivera aussi.

À QUOI PENSAIS-TU, EBERSOLE?

Se raser une flèche sur le torse? Sérieusement?

Je sais que procéder à l’élimination de sa pilosité corporelle est à la mode ces temps-ci. Barbichettes bien taillées, torses sans poil, avant-bras rasés. Je peux comprendre. Mais une flèche au milieu de votre torse?

Brian Ebersole, mon homme, ça, c’était juste vraiment trop bizarre.

En fait, cette flèche m’a amené à poser un jugement rapide sur le nouveau venu à l’UFC. J’ai instantanément fait fi de ses chances face à un talentueux vétéran comme Lytle. Lorsqu’Ebersole a ouvert avec un coup de pied issu d’une roue acrobatique, une frappe qui n’a pour ainsi dire absolument aucune chance de marquer face à quelqu’un du niveau d’expérience de Lytle, j’ai commencé à rire en pensant à ce que j’assumais être un affrontement qui serait à sens unique.

Bien entendu, j’avais tort.

Au moment où le combat s’est terminé, j’ai compris qu’il y avait une méthode derrière la folie d’Ebersole. Il n’est pas qu’un excentrique. Il est extrêmement intelligent et un artiste martial efficace. Ses mouvements erratiques, ses frappes peu orthodoxes et ses feintes inutiles ont toutes été conçues afin d’embêter et frustrer son adversaire. Ça a fonctionné. Lytle a paru moins confortable lors de ce combat que lors de tous ceux qui me viennent en tête. Il a déchargé ses coups avec une prévisibilité telle qu’Ebersole pouvait les voir venir d’un kilomètre à la ronde pour se déplacer en sécurité. Et sur la distance, Lytle s’est fatigué, tant mentalement que physiquement, de ses insuccès.

C’était une brillante stratégie. Bien joué M. Laflèche!

HUNT FAIT REVIVRE SA CARRIÈRE


La dernière fois que Mark Hunt a levé les bras pour célébrer la victoire en arts martiaux mixtes, c’était le 5 mai 2006. Six défaites plus tard, Hunt, qui a déjà vaincu Mirko Cro Cop et Wanderlei Silva lors d’affrontements consécutifs alors que ces deux athlètes étaient au sommet de leur excellence, s’est retrouvé à affronter un confrère peroxydé afin de sauver sa carrière.

Mission accomplie.

L’affrontement qui s’est soldé par la mise hors de combat de Chris Tuchscherer par Hunt au second round était, à mon avis, le combat le plus excitant de la soirée. Tuchscherer a démontré beaucoup de Coeur alors qu’il a refusé de prendre le chemin le plus facile après avoir subi une des plus moches coupures à l’oeil gauche que je me souvienne avoir vu depuis un bon moment. La coupure affectait sa vision. Il en a fait fi et a décidé de continuer à combattre.

La fin de ce duel a remémoré à tout le monde pourquoi Hunt était légitimement un des favoris de la foule. Après avoir manqué un crochet gauche lance avec de sérieuses mauvaises intentions, l’ancien champion du monde de kickboxing a poursuivi avec court direct droit.

Bingo!

Le coup a directement touché la cible, court-circuitant Tuchscherer et mettant fin au combat. La réaction de Hunt a été de prendre immédiatement un pas de recul en levant les bras, une seconde ou deux même avant que l’arbitre réagisse. Cela a rappelé lorsqu’Alex Rodriguez frappe un coup de circuit, alors que la vedette des Yankees et futur intronisé au panthéon de la gloire, jette son bâton de côté afin de commencer à trotter avant même que la balle n’ait franchi la limite du terrain. De vrais cogneurs, tout comme Rodriguez et Hunt, savent quand ils ont porté le coup de grâce. Ils n’ont besoin d’aucune confirmation de personne afin de le savoir.

Si Hunt se voit offrir de bons duels qui lui conviennent, il peut certainement encore nous offrir plusieurs bons affrontements. J’aimerais le voir contre Cro Cop en combat revanche pour faire suite à leur combat de 2005 au PRIDE, ou face à Brendan Schaub, Junior dos Santos ou s’importe quel cogneur chez les lourds qui ne daignerait pas échanger en position debout avec lui. Chaque fois que cela se produira, on peut s’attendre au combat de la soirée ou au KO de la soirée, exactement comme celui qui a rempli les poches de Hunt samedi soir dernier avec quelques dollars en plus.

Médias

Récent
Pour la toute première fois, Ultimate 100 Knockouts, une émission spéciale originalement présentée à la télévision à la carte, est maintenant disponible sur UFC FIGHT PASS. Voyez plus de trois heures des meilleurs KO de l'histoire de l'UFC.
26 nov. 2014
UFC Countdown vous emmène dans les coulisses de l'UFC 181. L'actuel champion de l'UFC et ancien champion WEC, Anthony Pettis mettra son titre en jeu contre l'ancien champion Strikeforce, Gilbert Melendez.
29 nov. 2014
Tickets to the biggest UFC event ever in Europe go on sale this Friday 28th November. Alexander Gustafsson vs. Anthony Johnson as well as Dan Henderson vs. Gegard Mousasi at the 30,000 seater Tele2 Arena.
26 nov. 2014
Les membres de Team Pettisdonnent leur opinion au sujet du combat entre leurs coéquipières Jessica Penne et Aisling Daly. Voyez le nouvel épisode cette semaine sur UFC FIGHT PASS!
26 nov. 2014